Réseau des collectivités Territoriales pour une Économie Sociale et Solidaire

L'approche québécoise de la revitalisation urbaine intégrée - conférence en ligne novembre 2021

Le 17 novembre 2021, le RTES organisait un échange autour de l'approche québécoise de la revitalisation urbaine intégrée, démarche inspirante pour envisager différemment la politique de la ville en France.

(Re)voir la conférence en ligne

Marie-Hélène Gélinas directrice générale du Comité de vie de quartier du Vieux-Gatineau et coleader du chantier Développement social et culturel, et Lyne Bouchard coleader du chantier de Développement local, économique et commercial, présidente de l’Association des gens d’affaires et professionnels du Vieux-Gatineau présentaient la démarche de Revitalisation Urbaine Intégrée.

Dans les années 80, l'État québécois commence à développer des politiques publiques qui reconnaissent les contextes endogènes des communautés. Dans ce contexte, de nouvelles formes d’actions publiques apparaissent telle l’approche de la concertation intersectorielle abordée comme stratégie incontournable pour résoudre des problèmes complexes aux causes multifactorielles. La concertation intersectorielle englobe des approches comme l’approche territoriale intégrée (ATI) et la revitalisation urbaine intégrée (RUI).

La RUI est définie ainsi : «Les démarches de revitalisation intégrée sont inclusives, territorialisées, globales, intersectorielles, participatives, pérennes et professionnelles. Elles se concrétisent dans des projets globaux de développement sur un territoire déterminé. L’objectif est l’amélioration de la qualité de vie des citoyens et citoyennes à partir de la dynamique locale, en travaillant de manière concertée entre partenaires intersectoriels et multi-réseaux et en s’appuyant sur la participation des citoyens à toutes les étapes du processus.». En 2017 il existait une quinzaine de démarches RUI au Québec.

Le Vieux-Gatineau est l’un des quartiers les plus pauvres de Gatineau. Au Vieux-Gatineau, la démarche de RUI est officiellement lancée en février 2014. La démarche RUI s’appuie sur le travail concerté de nombreux acteurs territoriaux, c’est une démarche pour et par la communauté. Le comité d'orientation de la démarche de RUI, l'instance pivot qui favorise une gestion collective de la démarche, est constitué du Comité vie de quartier du Vieux-Gatineau (CVQ-VG), de l’Association des gens d’affaires et professionnels du Vieux-Gatineau (AGAP-VG), du Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), de la Ville de Gatineau et de la Maison de quartier Notre-Dame. Il s'assure de la cohérence entre les projets et la vision développée par la communauté.

La RUI du Vieux-Gatineau s’organise autour de 3 chantiers, chaque chantier, porté par des citoyens, commerçants, structures est interdépendant des autres. Un inter-chantier permet la mise en commun des travaux, la consultation large de citoyens, etc. : 

  • Chantier développement social et culturel : habitat social, mode de vie, information et communication, emploi, vie communautaire et sociale.
  • Chantier développement local, économique et commercial :  économie sociale, pôle agroalimentaire, culture et récréotourisme.
  • Chantier environnement et aménagement du territoire : lieux et places publiques, rues d'ambiances, mobilité et attractivité, infrastructures communautaires, embellissement et fonctionnalité du quartier.

La mobilisation citoyenne est un axe très important de la RUI, des consultations publiques sont organisées très régulièrement et tout est fait pour faciliter la participation des citoyens (service de baby-sitting gratuit, navettes gratuites, buffet convivial). La RUI développe des méthodes de mobilisation citoyenne : un dictionnaire des acronymes pour faciliter la compréhension de tous, une infolettre mensuelle, une page facebook, une chaine youtube avec interviews des acteurs du quartier et le journal la Voix citoyenne édité à 2500 exemplaires pour donner la parole aux citoyens en libre expression. 

Un plan d’action sur 10 ans a été élaboré en 2016. Ses enjeux prioritaires déclinés en 113 actions sont :

  • La santé de la population et les actions sur ses déterminants (services de santé, sécurité alimentaire, logement, entraide communautaire, éducation, formation, aide à l’emploi);
  • La mise en commun des forces économiques pour la revitalisation du secteur et la création d’emplois à travers des projets structurants;
  • L’appropriation de la rue Notre-Dame et de ses abords par les citoyens du secteur.

Parmi les 113 actions, de nombreux projets intègrent des structures de l ‘économie sociale : la restauration du marché Notre-Dame, le développement de marchés de plein vent, l’aménagement éphémère de l’espace public et l’aménagement de lots vacants (jardins partagés, aire de détentes de plein air...), le développement de circuits artistiques et touristiques, les Serres urbaines Notre-Dame (jardin urbain, serres et complexe aquaponique, café/boutique), la réfection de la rue Notre-Dame…

Suite à cette présentation, Emmanuelle Rousset, vice-présidente du conseil départemental de l'Ille-et-Vilaine et Frédéric Frenard, chargé de missions à Résovilles partageaient leur rapport d'étonnement.

Emmanuelle Rousset, vice-présidente du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine a également été élue de quartier à Rennes. Depuis une dizaine d’années, une coopération entre l’Ille-et-Vilaine et le Québec est active, financée entre autres par le Fonds franco-québécois pour la coopération décentralisée. Ce fonds permet d’organiser des voyages apprenants dans les deux sens, rassemblant élus, chargés de mission et acteurs de l’ESS. Voici son rapport d'étonnement :

  • Ce qui est intéressant au Québec, c’est que l’on fait d’abord de l’humain puis ensuite de l’urbanisme, tandis qu’en France on fait l’inverse. 
  • Au Québec, peu importe la casquette avec laquelle on intervient, les gens n’interviennent pas pour leur institution mais d’abord pour le développement local du quartier. En France, on a tendance à oublier l'aspect local car on fait la dichotomie entre l’urbain, le social, l’économique, etc. 
  • Il est également intéressant de noter l’approche pragmatique de la RUI québécoise : des actions sont menées, même à micro-échelle, occasions de favoriser l’interconnaissance entre les différentes parties prenantes. La démarche alterne des micros projets qui font sens au quotidien dans la vie des gens et des projets de long terme.
  • Autre point d’intérêt, les “gens d’affaires”, les entreprises, sont présentes au cœur de la démarche. L’économie est partie intégrante du développement local. Au Vieux-Gatineau l’association des gens d’affaires a un contrat avec la ville pour développer le territoire par l’économie. 

Selon Emmanuelle Rousset, une des pistes pour faire évoluer la politique de la ville française vers une approche intégrée serait de faire une vraie place à l’ESS dans les contrats de ville. La question de l’économie est au cœur de la vie des quartiers : emplois, formations, reconnaissance… l’ESS, économie qui ne peut être délocalisée, qui agit avec les citoyens et l’ensemble des parties prenantes, qui peut faire lien avec d’autres entreprises, apparaît comme la clé de la revitalisation urbaine intégrée.

Frédéric Frenard, chargé de mission développement économique au Centre ressources politique de la ville - RésO Villes, partage le rapport d’étonnement d’Emmanuelle Rousset.

L’approche québécoise de la RUI interpelle le fonctionnement français de la politique de la ville. Au Québec, les dimensions partenariale et collective sont frappantes.

En France, la politique de la ville est marquée par un cadre contractuel dans lequel les partenaires (collectivité et Etat) définissent les orientations, les axes prioritaires. Les projets sont soutenus via des dispositifs et des appels à projet. Ce mode de fonctionnement présente quelques limites : certes il flèche des financements et permettent un soutien aux projets. Toutefois il a tendance à mettre en concurrence les acteurs locaux là où il serait attendu davantage de projets de coopération. La politique de la ville pourrait se réapproprier des approches fondées sur le Développement Local, le Développement Social Urbain (historiquement apparu dans les années 70 / 80) permettant d’activer les ressources du quartier et assurer la prise en charge du développent par les organisations du « milieu de vie du quartier » (collaboration active des collectivités et associations).

Pour Frédéric Frenard, la principale piste pour faire évoluer la politique de la ville serait de développer la dimension fédératrice et la culture de coopération, car nos modes de faire très sectorisés ne permettent pas de soutenir un développement endogène dans nos territoires. 

Selon lui les points d’intérêts qu’il aimerait diffuser dans les prochains contrats de ville sont :

  • Une dimension « intégrée » ; un projet qui émane du quartier pour le quartier, une logique inter sectorielle.
  • Un pilotage à l’échelle du quartier qui traduit cette dimension intersectorielle avec l’ensemble des partenaires et pas uniquement l’Etat et la collectivité
  • Un leadership des chantiers qui est confié à un acteur ou une cohorte de partenaires du terrain
  • S’appuyer sur les habitants comme des partenaires à part entière en développant leur mobilisation à l’image des tables de quartiers (pas seulement sur l’expertise d’usage mais comme porteur d’actions)
  • Pas d’appel à projet, les projets sont construits collectivement avec les acteurs du quartier (dimension collective) puis vient la recherche de financements. Pourquoi pas un fonds de développement à l’échelle du quartier ?

 

Ressources : 

Retours sur des voyages d'étude :

Des ouvrages pour aller plus loin :

 

Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Non
Résumé

Le 17 novembre 2021, le RTES organisait un échange autour de l'approche québécoise de la revitalisation urbaine intégrée, démarche inspirante pour envisager différemment la politique de la ville en France.

(Re)voir la conférence en ligne

Marie-Hélène Gélinas directrice générale du Comité de vie de quartier du Vieux-Gatineau et coleader du chantier Développement social et culturel et Lyne Bouchard coleader du chantier de Développement local, économique et commercial, présidente de l’Association des gens d’affaires et professionnels du Vieux-Gatineau présentaient la démarche de Revitalisation Urbaine Intégrée.

Dans les années 80, l'État québécois commence à développer des politiques publiques qui reconnaissent les contextes endogènes des communautés. Dans ce contexte, de nouvelles formes d’actions publiques apparaissent telle l’approche de la concertation intersectorielle abordée comme stratégie incontournable pour résoudre des problèmes complexes aux causes multifactorielles. La concertation intersectorielle englobe des approches comme l’approche territoriale intégrée (ATI) et la revitalisation urbaine intégrée (RUI).

La RUI est définie ainsi : «Les démarches de revitalisation intégrée sont inclusives, territorialisées, globales, intersectorielles, participatives, pérennes et professionnelles. Elles se concrétisent dans des projets globaux de développement sur un territoire déterminé. L’objectif est l’amélioration de la qualité de vie des citoyens et citoyennes à partir de la dynamique locale, en travaillant de manière concertée entre partenaires intersectoriels et multi-réseaux et en s’appuyant sur la participation des citoyens à toutes les étapes du processus.». En 2017 il existait une quinzaine de démarches RUI au Québec.

Le Vieux-Gatineau, est l’un des quartiers les plus pauvres de Gatineau. Au Vieux-Gatineau, la démarche de RUI est officiellement lancée en février 2014. La démarche RUI s’appuie sur le travail concerté de nombreux acteurs territoriaux, c’est une démarche pour et par la communauté. Le comité d'orientation de la démarche de RUI, l'instance pivot qui favorise une gestion collective de la démarche, est constitué du Comité vie de quartier du Vieux-Gatineau (CVQ-VG), de l’Association des gens d’affaires et professionnels du Vieux-Gatineau (AGAP-VG), du Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), de la Ville de Gatineau et de la Maison de quartier Notre-Dame. Il s'assure de la cohérence entre les projets et la vision développée par la communauté.

La RUI du Vieux-Gatineau s’organise autour de 3 chantiers, chaque chantier, porté par des citoyens, commerçants, structures est interdépendant des autres. Un inter-chantier permet la mise en commun des travaux, la consultation large de citoyens, etc. : 

  • Chantier développement social et culturel : habitat social, mode de vie, information et communication, emploi, vie communautaire et sociale.
  • Chantier développement local, économique et commercial :  économie sociale, pôle agroalimentaire, culture et récréotourisme.
  • Chantier environnement et aménagement du territoire : lieux et places publiques, rues d'ambiances, mobilité et attractivité, infrastructures communautaires, embellissement et fonctionnalité du quartier.

La mobilisation citoyenne est un axe très important de la RUI, des consultations publiques sont organisées très régulièrement et tout est fait pour faciliter la participation des citoyens (service de baby-sitting gratuit, navettes gratuites, buffet convivial). La RUI développe des méthodes de mobilisation citoyenne : un dictionnaire des acronymes pour faciliter la compréhension de tous, une infolettre mensuelle, une page facebook, une chaine youtube avec interviews des acteurs du quartier et le journal la Voix citoyenne édité à 2500 exemplaires pour donner la parole aux citoyens en libre expression. 

Un plan d’action sur 10 ans a été élaboré en 2016. Ses enjeux prioritaires déclinés en 113 actions sont :

  • La santé de la population et les actions sur ses déterminants (services de santé, sécurité alimentaire, logement, entraide communautaire, éducation, formation, aide à l’emploi);
  • La mise en commun des forces économiques pour la revitalisation du secteur et la création d’emplois à travers des projets structurants;
  • L’appropriation de la rue Notre-Dame et de ses abords par les citoyens du secteur.

Parmi les 113 actions, de nombreux projets intègrent des structures de l ‘économie sociale : la restauration du marché Notre-Dame, le développement de marchés de plein vent, l’aménagement éphémère de l’espace public et l’aménagement de lots vacants (jardins partagés, aire de détentes de plein air...), le développement de circuits artistiques et touristiques, les Serres urbaines Notre-Dame (jardin urbain, serres et complexe aquaponique, café/boutique), la réfection de la rue Notre-Dame…

Suite à cette présentation, Emmanuelle Rousset, vice-présidente du conseil départemental de l'Ille-et-Vilaine et Frédéric Frenard, chargé de missions à Résovilles partageaient leur rapport d'étonnement.

Emmanuelle Rousset, vice-présidente du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine a également été élue de quartier à Rennes. Depuis une dizaine d’années, une coopération entre l’Ille-et-Vilaine et le Québec est active, financée entre autres par le Fonds franco-québécois pour la coopération décentralisée. Ce fonds permet d’organiser des voyages apprenants dans les deux sens, rassemblant élus, chargés de mission et acteurs de l’ESS. Voici son rapport d'étonnement :

  • Ce qui est intéressant au Québec, c’est que l’on fait d’abord de l’humain puis ensuite de l’urbanisme, tandis qu’en France on fait l’inverse. 
  • Au Québec, peu importe la casquette avec laquelle on intervient, les gens n’interviennent pas pour leur institution mais d’abord pour le développement local du quartier. En France, on a tendance à oublier l'aspect local car on fait la dichotomie entre l’urbain, le social, l’économique, etc. 
  • Il est également intéressant de noter l’approche pragmatique de la RUI québécoise : des actions sont menées, même à micro-échelle, occasions de favoriser l’interconnaissance entre les différentes parties prenantes. La démarche alterne des micros projets qui font sens au quotidien dans la vie des gens et des projets de long terme.
  • Autre point d’intérêt, les “gens d’affaires”, les entreprises, sont présentes au cœur de la démarche. L’économie est partie intégrante du développement local. Au Vieux-Gatineau l’association des gens d’affaires a un contrat avec la ville pour développer le territoire par l’économie. 

Selon Emmanuelle Rousset, une des pistes pour faire évoluer la politique de la ville française vers une approche intégrée serait de faire une vraie place à l’ESS dans les contrats de ville. La question de l’économie est au cœur de la vie des quartiers : emplois, formations, reconnaissance… l’ESS, économie qui ne peut être délocalisée, qui agit avec les citoyens et l’ensemble des parties prenantes, qui peut faire lien avec d’autres entreprises, apparaît comme la clé de la revitalisation urbaine intégrée.

Frédéric Frenard, chargé de mission développement économique au Centre ressources politique de la ville - RésO Villes, partage le rapport d’étonnement d’Emmanuelle Rousset.

L’approche québécoise de la RUI interpelle le fonctionnement français de la politique de la ville. Au Québec, les dimensions partenariale et collective sont frappantes.

En France, la politique de la ville est marquée par un cadre contractuel dans lequel les partenaires (collectivité et Etat) définissent les orientations, les axes prioritaires. Les projets sont soutenus via des dispositifs et des appels à projet. Ce mode de fonctionnement présente quelques limites : certes il flèche des financements et permettent un soutien aux projets. Toutefois il a tendance à mettre en concurrence les acteurs locaux là où il serait attendu davantage de projets de coopération. La politique de la ville pourrait se réapproprier des approches fondées sur le Développement Local, le Développement Social Urbain (historiquement apparu dans les années 70 / 80) permettant d’activer les ressources du quartier et assurer la prise en charge du développent par les organisations du « milieu de vie du quartier » (collaboration active des collectivités et associations).

Pour Frédéric Frenard, la principale piste pour faire évoluer la politique de la ville serait de développer la dimension fédératrice et la culture de coopération, car nos modes de faire très sectorisés ne permettent pas de soutenir un développement endogène dans nos territoires. 

Selon lui les points d’intérêts qu’il aimerait diffuser dans les prochains contrats de ville sont :

  • Une dimension « intégrée » ; un projet qui émane du quartier pour le quartier, une logique inter sectorielle.
  • Un pilotage à l’échelle du quartier qui traduit cette dimension intersectorielle avec l’ensemble des partenaires et pas uniquement l’Etat et la collectivité
  • Un leadership des chantiers qui est confié à un acteur ou une cohorte de partenaires du terrain
  • S’appuyer sur les habitants comme des partenaires à part entière en développant leur mobilisation à l’image des tables de quartiers (pas seulement sur l’expertise d’usage mais comme porteur d’actions)
  • Pas d’appel à projet, les projets sont construits collectivement avec les acteurs du quartier (dimension collective) puis vient la recherche de financements. Pourquoi pas un fonds de développement à l’échelle du quartier ?

 

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Newsletter RTES - POLITIQUE DE LA VILLE

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Ressources RTES
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Oui
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Newsletter Politique de la ville & ESS #2.2 - Octobre 2021

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Newsletter RTES - Politique de la ville & ESS #2.2 - Octobre 2021

 

RETOUR SUR LA CONFÉRENCE EN LIGNE "PRATIQUES CULINAIRES INFORMELLES :
RETOURS D'EXPÉRIENCES DE FORMALISATION"

 

Cette conférence était l’occasion de partager les retours d'expériences de formalisation de pratiques culinaires informelles : une expérience de Flashcoop menée par une coopérative d'activité et d'emploi sur le territoire d’Angers Loire Métropole, une recherche-action en cours menée à Grigny avec l’appui du GRDR, association d'accompagnement des migrants dans leur projet de vie.
En savoir plus

 

FICHE DÉNICHÉ POUR VOUS N°102 : CENTRE DE SANTÉ DES 3 CITÉS

 

Le centre de santé des 3 cités est un centre de santé associatif et communautaire implanté au sein du quartier prioritaire des « 3 cités » à Poitiers depuis 2015. Il propose une médecine coordonnée autour de trois objectifs : favoriser l’accès aux soins pour tous ; proposer l’éducation thérapeutique aux patients et développer la prévention continue individuelle et collective. 
Lire la suite

 

CANDIDATEZ À L'APPEL À MANIFESTATION D'INTÉRÊT POUR LES MANUFACTURES DE PROXIMITÉ

 

Tiers-lieux dédiés à la production, qui animent et apportent des services à une communauté professionnelle, les Manufactures sont des ateliers de fabrication qui se destinent en priorité à des entrepreneurs (TPE, artisans…) en leur donnant accès à des machines mutualisées, un écosystème de compétences et un environnement dynamique, propice à la création et au développement de leur activité. Le Premier Ministre a annoncé la labellisation de 100 manufactures d’ici le printemps 2022.
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INTERVIEW FRANCE CULTURE - BORIS TAVERNIER ŒUVRE POUR UNE ALIMENTATION DE QUALITÉ POUR TOUS À TRAVERS SON ASSOCIATION « VRAC »

 

VRAC est un des premiers projets ayant contribué aux travaux ESS et politique de la ville menés par le RTES.  Née à Lyon, VRAC favorise le développement de groupements d’achats dans les quartiers prioritaires de la politique sur plusieurs territoires français (Lyon, Saint-Étienne, Drôme, Montpellier, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes, Finistère, Hauts-de-France, Paris et Strasbourg). Elle compte aujourd’hui plus de 3500 adhérents et poursuit son action dans 56 groupements d’achats présents dans les quartiers populaires ou sur les campus universitaires.
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Crédits : Anthony Micallef (Secours catholique)

 

 

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Fiche Déniché pour vous n°101 : Centre de santé des 3 cités

Le centre de santé des 3 cités est un centre de santé associatif et communautaire implanté au sein du quartier prioritaire des « 3 cités » à Poitiers depuis 2015. Il propose une médecine coordonnée autour de trois objectifs : favoriser l’accès aux soins pour tous ; proposer l’éducation thérapeutique aux patients et développer la prévention continue individuelle et collective. 

TÉLÉCHARGEZ LA FICHE DÉNICHÉ POUR VOUS N°101 : CENTRE DE SANTÉ DES 3 CITÉS

Mots-clés : politique de la ville - Octobre 2021

ygiy
Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
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Résumé

Le centre de santé des 3 cités est un centre de santé associatif et communautaire implanté au sein du quartier prioritaire des « 3 cités » à Poitiers depuis 2015. Il propose une médecine coordonnée autour de trois objectifs : favoriser l’accès aux soins pour tous ; proposer l’éducation thérapeutique aux patients et développer la prévention continue individuelle et collective. 

TÉLÉCHARGEZ LA FICHE DÉNICHÉ POUR VOUS N°101 : CENTRE DE SANTÉ DES 3 CITÉS

Mots-clés : politique de la ville - Octobre 2021

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Economies populaires : vulnérabilités et ressources - conférence en ligne septembre 2021

  

L’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) dont le secrétariat est assuré au sein de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), le Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire (RTES) et le Réseau national des Centres de ressources politique de la ville (RNCRPV), s’associent pour partager leurs travaux et réflexions en cours autour des économies populaires / économies informelles.

Après la remise en juillet 2021 du rapport l’ONPV 2020 de à Nadia Hai, Ministre chargée de la ville, cette rencontre était l’occasion de découvrir son contenu et de mettre en évidence et en dialectique  les vulnérabilités et ressources des habitants des quartiers populaires : Comment développer le pouvoir d’agir dans ces quartiers ? Comment identifier et reconnaître les ressources des quartiers populaires et de leurs habitants ? Comment construire des politiques basées sur ces ressources, voire productrices de nouvelles ressources ?

Occasion également d’évoquer en détail la contribution de Romain Leclercq sur les ressources des quartiers populaires, et d’approfondir la réflexion en matière d’économies populaires : Comment s’affranchir de l’opposition entre travail « formel » et « informel » pour valoriser le travail tel qu’il se fait, et tenter de mieux le protéger et le valoriser ? Quels rôles de l’économie sociale et solidaire pour ce faire ?

(Re)voir la conférence en ligne

 

Avec :

  • Helga Mondésir, responsable de l’ONPV
  • Romain Leclercq, contributeur au rapport ONPV 2020, post-doctorant, Laboratoire LAVUE Université Paris 8
  • Michel Peraldi, directeur de recherches à l'Iris (CNRS/EHESS)
  • Claude Sicart, président de Pole S et membre du CNV
  • Des représentant.e.s du RNCRPV
  • Un.e représentant.e du RTES
  • Léa Gislais, directrice du programme Emploi, Formation, Développement économique à la Direction déléguée Politique de la ville de l’ANCT

 

Ressources : 

 

 

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Ressources RTES
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Résumé

L’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) dont le secrétariat est assuré au sein de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), le Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire (RTES) et le Réseau national des Centres de ressources politique de la ville (RNCRPV), s’associent pour partager leurs travaux et réflexions en cours autour des économies populaires / économies informelles.

Après la remise en juillet 2021 du rapport l’ONPV 2020 de à Nadia Hai, Ministre chargée de la ville, cette rencontre était l’occasion de découvrir son contenu et de mettre en évidence et en dialectique  les vulnérabilités et ressources des habitants des quartiers populaires : Comment développer le pouvoir d’agir dans ces quartiers ? Comment identifier et reconnaître les ressources des quartiers populaires et de leurs habitants ? Comment construire des politiques basées sur ces ressources, voire productrices de nouvelles ressources ?

Occasion également d’évoquer en détail la contribution de Romain Leclercq sur les ressources des quartiers populaires, et d’approfondir la réflexion en matière d’économies populaires : Comment s’affranchir de l’opposition entre travail « formel » et « informel » pour valoriser le travail tel qu’il se fait, et tenter de mieux le protéger et le valoriser ? Quels rôles de l’économie sociale et solidaire pour ce faire ?

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Avec :

  • Helga Mondésir, responsable de l’ONPV
  • Romain Leclercq, contributeur au rapport ONPV 2020, post-doctorant, Laboratoire LAVUE Université Paris 8
  • Michel Peraldi, directeur de recherches à l'Iris (CNRS/EHESS)
  • Claude Sicart, président de Pole S et membre du CNV
  • Des représentant.e.s du RNCRPV
  • Un.e représentant.e du RTES
  • Léa Gislais, directrice du programme Emploi, Formation, Développement économique à la Direction déléguée Politique de la ville de l’ANCT

 

Ressources : 

 

 

Pratiques culinaires informelles - retours d'expériences de formalisation

  

Cette conférence en ligne organisée par le RTES, s’inscrit dans le cadre du chantier de travail économie informelle et ESS soutenu par l’ANCT. Elle était l’occasion de partager les retours d'expériences de formalisation de pratiques culinaires informelles : une expérience de Flashcoop menée par la CAE CDP49 sur le territoire d’Angers Loire Métropole, une recherche-action en cours menée à Grigny avec l’appui du GRDR.

(Re)voir la conférence en ligne

 

Retour d'expérience de la Flashcoop Mam Cookies, quartier Belle-Beille, Angers

Pascal Viau et Isabelle Petiteau, coopérative d'activité et d'emploi CDP49 

La Coopérative d’Activité et d’Emploi CDP49 installée à Angers, sous forme de SARL SCOP, fédère une centaine d’entrepreneurs sur le Maine-et-Loire et est membre du réseau national Coopérer Pour Entreprendre.

Partant du constat que 80% des gens accompagnés sont demandeurs d’emploi et que 25 à 30% d’entre eux retrouvent un emploi, les CAE du réseau Coopérer pour Entreprendre se sont interrogés sur les raisons pour lesquelles des personnes inscrites dans un processus de création d’activité retrouvent un emploi. Il ressort de leur travaux que le processus de création d’entreprise induit tout un ensemble d'évolutions positives et ont souhaité développer un dispositif qui place ce processus de création d’activité au service de l'insertion des personnes. De là a été créée la Flashcoop : coopérative (très) éphémère sur une durée de 7 jours en présentiel, durant laquelle sont abordées toutes les étapes de la création d’entreprise sous forme collective : définition de l’offre, marque, production, vente, comptabilité, bilan… Ce format a été expérimenté sur 10 territoires en simultané avec le soutien de la BPI  (voir le bilan ici). 

En lien avec Angers Loire Métropole, il a été décidé d'expérimenter la Flashcoop sur le quartier Belle-Beille à Angers, dans le cadre de la Fabrique à entreprendre. Un groupe de 8 femmes de 25 à 55 ans ayant des pratiques culinaires informelles sur le quartier a ainsi participé à la Flashcoop de production de biscuits Mam Cookies. Cette expérimentation a été menée en lien avec des structures du territoire, avec notamment l’objectif que la Flashcoop soit une étape d’un parcours plus long.

LA CAE CDP49 a accompagné ces femmes, qui savaient déjà cuisiner, sur toutes les étapes de la création d’activité, sur des points liés à la sécurité au travail, les normes d’hygiène, etc. Ces 7 jours sont aussi l’occasion de rencontrer des structures qui peuvent les accompagner : le groupement des acteurs économiques, de l’accompagnement, de l’insertion, la collectivité… L’objectif n’était pas qu’elles sortent de la Flashcoop avec un développement d’activité, même si 2 d’entre elles ont créé leur activité, mais de leur proposer un parcours adapté à chacune. Suite à la Flashcoop, une formation normes hygiène a été finalisée, un permis de conduire a été passé, une personne a testé la création de gâteaux à la CAE CDP49, deux personnes ont été suivies par le relais pour l’emploi, …

Rôle spécifique de la collectivité :

Angers Loire Métropole était engagée au travers de la Fabrique à Entreprendre, la collectivité a participé à identifier le quartier le plus adapté, a mis en lien la CAE avec un ensemble d’acteurs du quartier (structure insertion, associations…). Angers Loire Métropole a également participé au comité de pilotage et a suivi l'expérimentation en confiance avec la CAE et sans injonction. Elle a également fourni les locaux et financé l'expérimentation (budget de l’action sur 10 jours : 6000€). “La collectivité a ouvert les portes et nous a facilité les choses”.

 

Retour d'expérience de la recherche-action menée à Grigny (GRDR / ville de Grigny)

Mathieu Morosini, direction de l'Aménagement et du Renouvellement Urbain et Ouaddah Nouri, chargé de Mission Accompagnement Social ORCOD-IN -Direction de l'Action Sociale, à la ville de Grigny ; Roberta Bocca, cheffe de projet inclusion sociale au GRDR ; Amandine Spire, maître de conférences en géographie à l’Université Paris Diderot (Paris VII)

Grigny est une commune francilienne de 30 000 habitants où le taux de pauvreté est très important. Depuis quelques années, s’est développé sur le parvis de la gare, un phénomène de vente à la sauvette : offre culinaire faite par des dames d’un certain âge et vente de cigarettes plutôt réalisée par des jeunes hommes en situation irrégulière. Une partie de la population s’est sentie agacée par cette activité qui est venue s'agréger à un ensemble de difficultés auxquelles la population est confrontée. Face à une multitude d’enjeux à concilier et au constat que le répressif ne réglait rien, la ville de Grigny qui n’avait pas les outils pour y faire face mais une volonté politique de s’intéresser à l’activité de ces femmes et de voir comment elles pourraient exercer leur activité dans de meilleures conditions, a fait appel au GRDR pour les accompagner en ce sens.

Le GRDR a défini un projet portant sur 2 axes :

  • l’accompagnement socio-professionnel d'un groupe de femmes immigrées en précarité vers la formalisation d'une activité génératrice de revenus
  • une recherche-action pour faire changer les représentations sur les populations précaires en quartiers politique de la ville et notamment les femmes immigrées, capitaliser les résultats et chercher à modéliser le processus

Ce projet rassemble un grand nombre de partenaires : l’association Réveil qui fonctionne comme une couveuse pour tester l’activité, le CCAS et la ville de Grigny, Grand Paris Sud et le centre de formation de Grigny. Le projet est financé par la ville de Grigny, l’ANCT et le département de l'Essonne sur la dimension insertion par l’activité économique, la Fondation Paris Habitat sur la recherche-action, la DIAN (Direction de l'intégration et de l'accès à la nationalité) sur l’accompagnement des primo-arrivants et la Fondation RAJA sur l’accompagnement.

Les objectifs visés sont :
- analyser de manière approfondie les freins et les atouts des femmes dans leur parcours d'insertion socioprofessionnelle et leur donner une nouvelle visibilité dans l’espace public
- développer un dispositif d’accompagnement vers l'emploi à travers une activité formelle génératrice de revenus inscrite au sein d’une économie sociale, solidaire et collaborative
- développer une offre d’alimentation solidaire et de proximité à Grigny qui répond aux besoins et participer à la remobilisation économique du quartier de la gare de Grigny.

Le GRDR a rencontré 65 femmes, 15 d’entre elles se sont impliquées dans le projet Les Mamas de Grigny qui réunit actuellement 10 cuisinières et 3 personnes en observation.

Depuis mars 2021, un traiteur solidaire est ouvert. Ces femmes travaillent 2 demies-journées par semaine et assurent la production de repas distribués par le CCAS aux personnes les plus vulnérables (800 repas distribués depuis mars 21). Le CCAS en jouant le jeu de la commande publique auprès des Mamas de Grigny a permis de mettre les femmes concernées en situation de prestation et a assuré une solution de rémunération immédiate. Derrière l’ambition est d’ouvrir un restaurant solidaire qui répondra à un besoin de restaurant de proximité, créera de l’emploi durable pour les femmes, sera ouvert aux publics en précarité mais aussi aux employés de la commune. Le local du restaurant solidaire, qui permettra aux femmes d’avoir un lieu de travail plus digne, sans perdre leur visibilité, est en cours d’identification en lien avec la collectivité. 

Les femmes engagées dans le projet ont suivi plusieurs formations : HACCP, cuisine et pâtisserie, comptabilité, communication et informatique. L’objectif étant de les amener à être autonomes dans la gestion de leur association. Le GRDR les accompagne également sur leur situation administrative.

Le GRDR et ses partenaires travaillent actuellement sur l’identification du statut le plus approprié pour structurer l’activité des Mamas de Grigny sur le plan administratif et financier, avec l’objectif de stabiliser un revenu régulier pour les femmes concernées. 

En parallèle, la recherche-action menée dans le cadre du projet et coordonnée par Amandine Spire permet de créer de la ressource autour de l'expérience, et vise à décloisonner et changer les regards sur les situations de précarité, les parcours migratoires et l’informalité. A travers des méthodes de recherches qualitatives, avec les acteurs des politiques urbaines qui rendent possible l’intervention du GRDR et avec les populations concernées, il s’agit de confronter différents récits de la ville de Grigny autour de ces activités économiques, marquées par des tensions et rapports de forces entre différents types de publics, afin d’objectiver et démêler ces tensions.

Rôle de la collectivité :
  • volonté politique
  • soutien financier du projet du GRDR
  • commande publique du CCAS auprès des Mamas de Grigny pour la réalisation de repas à destination de personnes vulnérables
  • travail avec les services préfectoraux sur la situation administrative des femmes
  • recherche d’un local adapté pour l’activité de restaurant solidaire des Mamas de Grigny et réponse à des appels à projets pour l’investissement matériel de la cuisine de celui-ci

 

Ressources :

Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Non
Résumé

Cette conférence en ligne organisée par le RTES, s’inscrit dans le cadre du chantier de travail économie informelle et ESS soutenu par l’ANCT. Elle était l’occasion de partager les retours d'expériences de formalisation de pratiques culinaires informelles : une expérience de Flashcoop menée par la CAE CDP49 sur le territoire d’Angers Loire Métropole, une recherche-action en cours menée à Grigny avec l’appui du GRDR.

(Re)voir la conférence en ligne

 

Retour d'expérience de la Flashcoop Mam Cookies, quartier Belle-Beille, Angers

Pascal Viau et Isabelle Petiteau, coopérative d'activité et d'emploi CDP49 

La Coopérative d’Activité et d’Emploi CDP49 installée à Angers, sous forme de SARL SCOP, fédère une centaine d’entrepreneurs sur le Maine-et-Loire et est membre du réseau national Coopérer Pour Entreprendre.

Partant du constat que 80% des gens accompagnés sont demandeurs d’emploi et que 25 à 30% d’entre eux retrouvent un emploi, les CAE du réseau Coopérer pour Entreprendre se sont interrogés sur les raisons pour lesquelles des personnes inscrites dans un processus de création d’activité retrouvent un emploi. Il ressort de leur travaux que le processus de création d’entreprise induit tout un ensemble d'évolutions positives et ont souhaité développer un dispositif qui place ce processus de création d’activité au service de l'insertion des personnes. De là a été créée la Flashcoop : coopérative (très) éphémère sur une durée de 7 jours en présentiel, durant laquelle sont abordées toutes les étapes de la création d’entreprise sous forme collective : définition de l’offre, marque, production, vente, comptabilité, bilan… Ce format a été expérimenté sur 10 territoires en simultané avec le soutien de la BPI  (voir le bilan ici). 

En lien avec Angers Loire Métropole, il a été décidé d'expérimenter la Flashcoop sur le quartier Belle-Beille à Angers, dans le cadre de la Fabrique à entreprendre. Un groupe de 8 femmes de 25 à 55 ans ayant des pratiques culinaires informelles sur le quartier a ainsi participé à la Flashcoop de production de biscuits Mam Cookies. Cette expérimentation a été menée en lien avec des structures du territoire, avec notamment l’objectif que la Flashcoop soit une étape d’un parcours plus long.

LA CAE CDP49 a accompagné ces femmes, qui savaient déjà cuisiner, sur toutes les étapes de la création d’activité, sur des points liés à la sécurité au travail, les normes d’hygiène, etc. Ces 7 jours sont aussi l’occasion de rencontrer des structures qui peuvent les accompagner : le groupement des acteurs économiques, de l’accompagnement, de l’insertion, la collectivité… L’objectif n’était pas qu’elles sortent de la Flashcoop avec un développement d’activité, même si 2 d’entre elles ont créé leur activité, mais de leur proposer un parcours adapté à chacune. Suite à la Flashcoop, une formation normes hygiène a été finalisée, un permis de conduire a été passé, une personne a testé la création de gâteaux à la CAE CDP49, deux personnes ont été suivies par le relais pour l’emploi, …

Rôle spécifique de la collectivité :

Angers Loire Métropole était engagée au travers de la Fabrique à Entreprendre, la collectivité a participé à identifier le quartier le plus adapté, a mis en lien la CAE avec un ensemble d’acteurs du quartier (structure insertion, associations…). Angers Loire Métropole a également participé au comité de pilotage et a suivi l'expérimentation en confiance avec la CAE et sans injonction. Elle a également fourni les locaux et financé l'expérimentation (budget de l’action sur 10 jours : 6000€). “La collectivité a ouvert les portes et nous a facilité les choses”.

 

Retour d'expérience de la recherche-action menée à Grigny (GRDR / ville de Grigny)

Mathieu Morosini, direction de l'Aménagement et du Renouvellement Urbain et Ouaddah Nouri, chargé de Mission Accompagnement Social ORCOD-IN -Direction de l'Action Sociale, à la ville de Grigny ; Roberta Bocca, cheffe de projet inclusion sociale au GRDR ; Amandine Spire, maître de conférences en géographie à l’Université Paris Diderot (Paris VII)

Grigny est une commune francilienne de 30 000 habitants où le taux de pauvreté est très important. Depuis quelques années, s’est développé sur le parvis de la gare, un phénomène de vente à la sauvette : offre culinaire faite par des dames d’un certain âge et vente de cigarettes plutôt réalisée par des jeunes hommes en situation irrégulière. Une partie de la population s’est sentie agacée par cette activité qui est venue s'agréger à un ensemble de difficultés auxquelles la population est confrontée. Face à une multitude d’enjeux à concilier et au constat que le répressif ne réglait rien, la ville de Grigny qui n’avait pas les outils pour y faire face mais une volonté politique de s’intéresser à l’activité de ces femmes et de voir comment elles pourraient exercer leur activité dans de meilleures conditions, a fait appel au GRDR pour les accompagner en ce sens.

Le GRDR a défini un projet portant sur 2 axes :

  • l’accompagnement socio-professionnel d'un groupe de femmes immigrées en précarité vers la formalisation d'une activité génératrice de revenus
  • une recherche-action pour faire changer les représentations sur les populations précaires en quartiers politique de la ville et notamment les femmes immigrées, capitaliser les résultats et chercher à modéliser le processus

Ce projet rassemble un grand nombre de partenaires : l’association Réveil qui fonctionne comme une couveuse pour tester l’activité, le CCAS et la ville de Grigny, Grand Paris Sud et le centre de formation de Grigny. Le projet est financé par la ville de Grigny, l’ANCT et le département de l'Essonne sur la dimension insertion par l’activité économique, la Fondation Paris Habitat sur la recherche-action, la DIAN (Direction de l'intégration et de l'accès à la nationalité) sur l’accompagnement des primo-arrivants et la Fondation RAJA sur l’accompagnement.

Les objectifs visés sont :
- analyser de manière approfondie les freins et les atouts des femmes dans leur parcours d'insertion socioprofessionnelle et leur donner une nouvelle visibilité dans l’espace public
- développer un dispositif d’accompagnement vers l'emploi à travers une activité formelle génératrice de revenus inscrite au sein d’une économie sociale, solidaire et collaborative
- développer une offre d’alimentation solidaire et de proximité à Grigny qui répond aux besoins et participer à la remobilisation économique du quartier de la gare de Grigny.

Le GRDR a rencontré 65 femmes, 15 d’entre elles se sont impliquées dans le projet Les Mamas de Grigny qui réunit actuellement 10 cuisinières et 3 personnes en observation.

Depuis mars 2021, un traiteur solidaire est ouvert. Ces femmes travaillent 2 demies-journées par semaine et assurent la production de repas distribués par le CCAS aux personnes les plus vulnérables (800 repas distribués depuis mars 21). Le CCAS en jouant le jeu de la commande publique auprès des Mamas de Grigny a permis de mettre les femmes concernées en situation de prestation et a assuré une solution de rémunération immédiate. Derrière l’ambition est d’ouvrir un restaurant solidaire qui répondra à un besoin de restaurant de proximité, créera de l’emploi durable pour les femmes, sera ouvert aux publics en précarité mais aussi aux employés de la commune. Le local du restaurant solidaire, qui permettra aux femmes d’avoir un lieu de travail plus digne, sans perdre leur visibilité, est en cours d’identification en lien avec la collectivité. 

Les femmes engagées dans le projet ont suivi plusieurs formations : HACCP, cuisine et pâtisserie, comptabilité, communication et informatique. L’objectif étant de les amener à être autonomes dans la gestion de leur association. Le GRDR les accompagne également sur leur situation administrative.

Le GRDR et ses partenaires travaillent actuellement sur l’identification du statut le plus approprié pour structurer l’activité des Mamas de Grigny sur le plan administratif et financier, avec l’objectif de stabiliser un revenu régulier pour les femmes concernées. 

En parallèle, la recherche-action menée dans le cadre du projet et coordonnée par Amandine Spire permet de créer de la ressource autour de l'expérience, et vise à décloisonner et changer les regards sur les situations de précarité, les parcours migratoires et l’informalité. A travers des méthodes de recherches qualitatives, avec les acteurs des politiques urbaines qui rendent possible l’intervention du GRDR et avec les populations concernées, il s’agit de confronter différents récits de la ville de Grigny autour de ces activités économiques, marquées par des tensions et rapports de forces entre différents types de publics, afin d’objectiver et démêler ces tensions.

Rôle de la collectivité :
  • volonté politique
  • soutien financier du projet du GRDR
  • commande publique du CCAS auprès des Mamas de Grigny pour la réalisation de repas à destination de personnes vulnérables
  • travail avec les services préfectoraux sur la situation administrative des femmes
  • recherche d’un local adapté pour l’activité de restaurant solidaire des Mamas de Grigny et réponse à des appels à projets pour l’investissement matériel de la cuisine de celui-ci

 

Ressources :

Étude PLS/RTES : ESS, territoires ruraux & urbains

La cohésion économique et sociale entre territoires est au cœur de la construction européenne. À travers cette étude coéditée avec le RTES, Pour la Solidarité - PLS montre que l’ESS a la capacité de renforcer la cohésion au sein mais aussi entre les territoires, et propose des solutions innovantes, durables, sociales, inclusives et adaptées aux problématiques rencontrées par les territoires les plus fragiles, qu’ils soient ruraux ou urbains.

Téléchargez l'étude "ESS, territoires ruraux & urbains" - 37 pages, juin 2021

Vecteur des différentes transitions, tant écologique, démocratique, énergétique, qu’économique, l’ESS redynamise les territoires et favorise leur coopération ! Elle incarne une façon d’entreprendre, de produire et de consommer, qui respecte le.la salarié, le.la consommateur.rice, le.la citoyen.ne et les générations futures.

S’appuyant sur un fort ancrage territorial, l’ESS joue un rôle central, en milieu rural comme urbain, en développant des services adaptés aux besoins du territoire et de ses habitant.e.s, en créant des emplois non délocalisables, et en contribuant à la qualité de la vie dans les territoires. Loin d’être un dernier recours, l’économie sociale et solidaire doit être envisagée comme la voie principale d’action !

Découvrez dans cette publication, comment la synergie entre collectivités territoriales, acteur.rice.s de l’ESS et Union européenne peut être source de développement économique et social et de cohésion sociale dans les territoires urbains et ruraux.

Catégorie
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Ressources RTES
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Résumé

La cohésion économique et sociale entre territoires est au cœur de la construction européenne. À travers cette étude coéditée avec le RTES, Pour la Solidarité - PLS montre que l’ESS a la capacité de renforcer la cohésion au sein mais aussi entre les territoires, et propose des solutions innovantes, durables, sociales, inclusives et adaptées aux problématiques rencontrées par les territoires les plus fragiles, qu’ils soient ruraux ou urbains.

Téléchargez l'étude "ESS, territoires ruraux & urbains" - 37 pages, juin 2021

Vecteur des différentes transitions, tant écologique, démocratique, énergétique, qu’économique, l’ESS redynamise les territoires et favorise leur coopération ! Elle incarne une façon d’entreprendre, de produire et de consommer, qui respecte le.la salarié, le.la consommateur.rice, le.la citoyen.ne et les générations futures.

S’appuyant sur un fort ancrage territorial, l’ESS joue un rôle central, en milieu rural comme urbain, en développant des services adaptés aux besoins du territoire et de ses habitant.e.s, en créant des emplois non délocalisables, et en contribuant à la qualité de la vie dans les territoires. Loin d’être un dernier recours, l’économie sociale et solidaire doit être envisagée comme la voie principale d’action !

Découvrez dans cette publication, comment la synergie entre collectivités territoriales, acteur.rice.s de l’ESS et Union européenne peut être source de développement économique et social et de cohésion sociale dans les territoires urbains et ruraux.

Fiche Déniché pour Vous n°97 : Migracoop

Migracoop est un programme porté depuis 2019 par l’association Meltingcoop et l’association Réveil, en direction d’entrepreneurs migrants. Le programme s’organise autour de 3 axes : mettre en réseau des entrepreneurs par secteurs d’activité, expérimenter de nouvelles manières de faire pour accompagner les entrepreneurs et favoriser les passerelles avec l’écosystème de l’ESS.

Téléchargez la fiche n°97 : Migracoop

Mots-clés : économie informelle, entrepreneuriat collectif. Mai 2021.

Site internet : http://www.meltingcoop.fr/?page_id=2

sdd

75000 PARIS

Zone d'action : Paris, Île-de-France.

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Ressources RTES
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Non
Résumé

Migracoop est un programme porté depuis 2019 par l’association Meltingcoop et l’association Réveil, en direction d’entrepreneurs migrants. Le programme s’organise autour de 3 axes : mettre en réseau des entrepreneurs par secteurs d’activité, expérimenter de nouvelles manières de faire pour accompagner les entrepreneurs et favoriser les passerelles avec l’écosystème de l’ESS.

Téléchargez la fiche n°97 : Migracoop

Mots-clés : économie informelle, entrepreneuriat collectif. Mai 2021.

Site internet : http://www.meltingcoop.fr/?page_id=2

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75000 PARIS

Zone d'action : Paris, Île-de-France.

 

Étude ANCT "L'ESS : une chance pour les territoires fragiles"

L'ANCT a présenté son étude "L'ESS : une chance pour les territoires fragiles", réalisée par le groupement Les Petites Rivières / Les Beaux Jours / InterstiCiel, à l'occasion d'un webinaire le 31 mars au cours duquel le RTES est intervenu en tant que partenaire du comité de pilotage de cette étude. Elle vise à mettre en évidence les leviers dont disposent les décideurs publics locaux pour, dans les territoires fragiles, s’impliquer aux côtés des entreprises de l’ESS afin de répondre aux défis d’une relance durable.

En ouverture du séminaire, Yves le Breton, directeur de l'ANCT, a indiqué que des liens très naturels existent entre l'ANCT et l'économie sociale et solidaire, économie ancrée dans les territoires.

L'étude sera diffusée et permettra d'alimenter les axes de travail de l'ANCT, et notamment la contractualisation territoriale (830 périmètres viennent d'être définis pour les CRTE: "les acteurs ESS ont vocation à être partie prenante de cette discussion entre l'Etat et les collectivités locales") et les programmes de l'ANCT (Territoires d’industrie, Action Cœur de Ville,  Petites Villes de demain,  mais aussi Ruralités et Numérique). Les travaux permettront aussi d'alimenter l'offre de services et la boîte à outils pour accompagner les collectivités (en interne de l'ANCT ou via autres partenaires publics ou privés).

Une séquence de la rencontre était consacrée aux leviers des décideurs publics locaux pour les entreprises de l’ESS dans les territoires fragiles. 6 leviers ont été identifiés et illustrés par des exemples et des éclairages des partenaires de l'étude (Avise, France Active et le RTES):

  • Activer des partenariats financiers directs dans le cadre de ses compétences

  • Activer des contributions en nature dans le cadre de ses compétences

  • Développer une commande publique responsable

  • Accompagner les entreprises de l’ESS

  • Promouvoir les activités et l’offre des entreprises de l’ESS auprès du grand public

  • Co animer des dynamiques collectives.

Plus d'informations sur le site de l'ANCT

 

 

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Résumé

L'ANCT a présenté son étude "L'ESS : une chance pour les territoires fragiles", réalisée par le groupement Les Petites Rivières / Les Beaux Jours / InterstiCiel, à l'occasion d'un webinaire le 31 mars au cours duquel le RTES est intervenu en tant que partenaire du comité de pilotage de cette étude. Elle vise à mettre en évidence les leviers dont disposent les décideurs publics locaux pour, dans les territoires fragiles, s’impliquer aux côtés des entreprises de l’ESS afin de répondre aux défis d’une relance durable.

En ouverture du séminaire, Yves le Breton, directeur de l'ANCT, a indiqué que des liens très naturels existent entre l'ANCT et l'économie sociale et solidaire, économie ancrée dans les territoires.

L'étude sera diffusée et permettra d'alimenter les axes de travail de l'ANCT, et notamment la contractualisation territoriale (830 périmètres viennent d'être définis pour les CRTE: "les acteurs ESS ont vocation à être partie prenante de cette discussion entre l'Etat et les collectivités locales") et les programmes de l'ANCT (Territoires d’industrie, Action Cœur de Ville,  Petites Villes de demain,  mais aussi Ruralités et Numérique). Les travaux permettront aussi d'alimenter l'offre de services et la boîte à outils pour accompagner les collectivités (en interne de l'ANCT ou via autres partenaires publics ou privés).

Une séquence de la rencontre était consacrée aux leviers des décideurs publics locaux pour les entreprises de l’ESS dans les territoires fragiles. 6 leviers ont été identifiés et illustrés par des exemples et des éclairages des partenaires de l'étude (Avise, France Active et le RTES):

  • Activer des partenariats financiers directs dans le cadre de ses compétences

  • Activer des contributions en nature dans le cadre de ses compétences

  • Développer une commande publique responsable

  • Accompagner les entreprises de l’ESS

  • Promouvoir les activités et l’offre des entreprises de l’ESS auprès du grand public

  • Co animer des dynamiques collectives.

Plus d'informations sur le site de l'ANCT

 

Mécanique de rue : retour sur une recherche-action - conférence en ligne mars 2021

  

Dans le cadre du PIA, une recherche-action a été menée à Stains sur la mécanique de rue. Les diagnostics et préconisations de cette recherche-action ont entraîné une réflexion collective sur le territoire de Plaine-Commune. Abou Ndiaye, sociologue ayant mené cette recherche-action et Valentin Périnaux chargé de mission à Plaine Commune, sont revenus sur les principaux résultats et préconisations de la recherche-action et sur la façon dont celle-ci a questionné les collectivités locales. Cette conférence en ligne s'inscrit dans le cycle de travail sur économie informelle & ESS du RTES, elle a rassemblé 60 personnes.

 

 

 

Abou Ndiaye, sociologue, directeur de l’ARESS organisme de recherche rattaché à la fondation maison des sciences de l’homme, propose une définition de l’économie informelle dans les pays du nord : l’ensemble des pratiques qui créent de la valeur mais échappent au contrôle de l'État. Les habitants créent des réponses, dans la proximité, à des besoins qui ne sont pas pris en charge par l’économie marchande. La mécanique de rue, longtemps appelée mécanique sauvage, désigne toutes les réparations automobiles informelles, on parle aussi de mécanique de plein air ou de mécanique ambulante.

En 2015/2016, Stains et Plaine Commune ont été lauréats du PIA (programme d’investissement d’avenir) ville durable et solidaire. Dans ce cadre, Stains et Plaine Commune ont monté un partenariat de recherche avec l’Université Paris 8, le laboratoire LAVUE et l’ARESS, réunissant 7 chercheurs autour de la mécanique de rue sur 2 quartiers de Stains. La recherche-action comportait un axe quantitatif et un axe qualitatif : plusieurs mois d'observation de terrain, des questionnaires passés auprès de 50 mécaniciens de rue et 100 familles, une trentaine d'entretiens individuels et des entretiens collectifs. Tout cela a permis de mettre en évidence un certain nombre d’éléments sur la mobilité et sur l’activité de mécanique de rue dans ces quartiers.

Les plaintes sur les nuisances de la mécanique de rue sont nombreuses mais l’enquête a permis de mettre en évidence le fait que dans les 2 quartiers sur laquelle est menée la recherche-action, 6 familles sur 10 ont recours à la mécanique de rue pour réparer leur automobile. 70% des personnes interrogées répondent que la mécanique de rue ne les dérange pas. Il apparaît que la mécanique de rue répond à un réel besoin, certaines personnes font 200 kms pour faire appel à ces mécaniciens qui pratiquent une mécanique clinique : démontage du moteur et changement de la pièce défaillante (quand la plupart des garages changent le moteur), et comme la rémunération n’est pas horaire mais au forfait, cela coûte moins cher que dans un garage conventionnel. Il s’agit donc d’une réparation à moindre coût mais surtout d’une réparation qu’on ne trouve plus ailleurs. 

Valentin Périnaux chargé de mission gestion urbaine de proximité à la direction de la Rénovation Urbaine et de la politique de la ville de Plaine Commune: la mécanique de rue est au croisement de plusieurs enjeux qui relèvent des intercommunalités : cadre de vie, emploi et insertion, ESS, mobilité, etc. A Plaine Commune la mécanique de rue a d’abord été abordée au prisme de ses nuisances : les élu.e.s des 9 villes du territoires recevaient régulièrement des plaintes à ce sujet. L’intercommunalité a donc souhaité travailler sur la mécanique de rue, pour comprendre et objectiver ce sujet avant de proposer des solutions. L’étude menée par Abou Ndiaye en 2016 à Stains a donné envie de poursuivre et plusieurs diagnostics flash, une étude commandée par l’APES, ainsi qu’une autre étude d’Abou Ndiaye récente sur Saint-Denis ont été menées. Ces études ont permis de changer la sémantique utilisée : de mécanique sauvage à mécanique de rue. Les études ont permis de déconstruire tout un ensemble de stéréotypes et de penser des solutions différemment : non plus des mesures de très court-terme pour interdire, empêcher ces pratiques, mais des mesures de moyen et long termes.

Ces études démontrent que l’activité de mécanique de rue n’est jamais criminelle, ce qui était un gros point de vigilance pour les élus qui craignaient que ces activités s’inscrivent dans des réseaux de recel. Malgré les nuisances : pollution des sols, pollution visuelle, occupation des places de parkings, etc. les habitants considèrent ces pratiques comme une ressource qui répond à une demande sociale de réparation de véhicule à moindre coût et permet d’augmenter le reste à vivre des personnes. Cette mécanique de rue réunit de grandes compétences et savoir-faire et propose une offre alternative, de proximité et complémentaire aux garages classiques comme le pointent certains garagistes eux-mêmes.

Les compétences de ces mécaniciens sont valorisables et formalisables. Cette formalisation permettrait d’éliminer les nuisances liées à ces activités et de sécuriser les parcours des mécaniciens. Les mécaniciens et les acteurs locaux sont plutôt favorables à cette formalisation qui pourrait prendre plusieurs formes. Les préconisations qui ressortent de la recherche-action, et qui ont été travaillées avec une cinquantaine de mécaniciens de rue évoquent plusieurs points : - un nécessaire travail sur les acquis de l'expérience et sur l'assainissement des situations administratives de certains - un souhait de maîtriser l’outil de travail : idée d’un garage solidaire sous forme coopérative ou de micro ateliers coopératifs, eux-mêmes réunis sous forme coopérative - un axe formation - un axe IAE - un axe self-garage- un axe écomobilité -  un axe autopartage - un axe de conseils en mobilité.

Coralie Moigneau, chargée de mission ESS à la ville de Stains : l'étude menée par Abou Ndiaye a permis de déconstruire les préjugés, la mécanique de rue n’est pas seulement un problème pour le cadre de vie et l’environnement c’est aussi une solution pour les habitants. Stains réfléchit actuellement à développer une plateforme de mobilité multiservices, avec une offre de réparation clinique mais aussi des solutions de mobilité moins impactantes pour l'environnement, des conseils et orientations en matière de mobilité, etc. avec un axe inclusion des mécaniciens de rue qui le souhaitent. 

Ressources

 

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Ressources RTES
Ressource privée
Non
Résumé

Dans le cadre du PIA, une recherche-action a été menée à Stains sur la mécanique de rue. Les diagnostics et préconisations de cette recherche-action ont entraîné une réflexion collective sur le territoire de Plaine-Commune. Abou Ndiaye, sociologue ayant mené cette recherche-action et Valentin Périnaux chargé de mission à Plaine Commune, sont revenus sur les principaux résultats et préconisations de la recherche-action et sur la façon dont celle-ci a questionné les collectivités locales. Cette conférence en ligne s'inscrit dans le cycle de travail sur économie informelle & ESS du RTES, elle a rassemblé 60 personnes.

 

 

 

Abou Ndiaye, sociologue, directeur de l’ARESS organisme de recherche rattaché à la fondation maison des sciences de l’homme, propose une définition de l’économie informelle dans les pays du nord : l’ensemble des pratiques qui créent de la valeur mais échappent au contrôle de l'État. Les habitants créent des réponses, dans la proximité, à des besoins qui ne sont pas pris en charge par l’économie marchande. La mécanique de rue, longtemps appelée mécanique sauvage, désigne toutes les réparations automobiles informelles, on parle aussi de mécanique de plein air ou de mécanique ambulante.

En 2015/2016, Stains et Plaine Commune ont été lauréats du PIA (programme d’investissement d’avenir) ville durable et solidaire. Dans ce cadre, Stains et Plaine Commune ont monté un partenariat de recherche avec l’Université Paris 8, le laboratoire LAVUE et l’ARESS, réunissant 7 chercheurs autour de la mécanique de rue sur 2 quartiers de Stains. La recherche-action comportait un axe quantitatif et un axe qualitatif : plusieurs mois d'observation de terrain, des questionnaires passés auprès de 50 mécaniciens de rue et 100 familles, une trentaine d'entretiens individuels et des entretiens collectifs. Tout cela a permis de mettre en évidence un certain nombre d’éléments sur la mobilité et sur l’activité de mécanique de rue dans ces quartiers.

Les plaintes sur les nuisances de la mécanique de rue sont nombreuses mais l’enquête a permis de mettre en évidence le fait que dans les 2 quartiers sur laquelle est menée la recherche-action, 6 familles sur 10 ont recours à la mécanique de rue pour réparer leur automobile. 70% des personnes interrogées répondent que la mécanique de rue ne les dérange pas. Il apparaît que la mécanique de rue répond à un réel besoin, certaines personnes font 200 kms pour faire appel à ces mécaniciens qui pratiquent une mécanique clinique : démontage du moteur et changement de la pièce défaillante (quand la plupart des garages changent le moteur), et comme la rémunération n’est pas horaire mais au forfait, cela coûte moins cher que dans un garage conventionnel. Il s’agit donc d’une réparation à moindre coût mais surtout d’une réparation qu’on ne trouve plus ailleurs. 

Valentin Périnaux chargé de mission gestion urbaine de proximité à la direction de la Rénovation Urbaine et de la politique de la ville de Plaine Commune: la mécanique de rue est au croisement de plusieurs enjeux qui relèvent des intercommunalités : cadre de vie, emploi et insertion, ESS, mobilité, etc. A Plaine Commune la mécanique de rue a d’abord été abordée au prisme de ses nuisances : les élu.e.s des 9 villes du territoires recevaient régulièrement des plaintes à ce sujet. L’intercommunalité a donc souhaité travailler sur la mécanique de rue, pour comprendre et objectiver ce sujet avant de proposer des solutions. L’étude menée par Abou Ndiaye en 2016 à Stains a donné envie de poursuivre et plusieurs diagnostics flash, une étude commandée par l’APES, ainsi qu’une autre étude d’Abou Ndiaye récente sur Saint-Denis ont été menées. Ces études ont permis de changer la sémantique utilisée : de mécanique sauvage à mécanique de rue. Les études ont permis de déconstruire tout un ensemble de stéréotypes et de penser des solutions différemment : non plus des mesures de très court-terme pour interdire, empêcher ces pratiques, mais des mesures de moyen et long termes.

Ces études démontrent que l’activité de mécanique de rue n’est jamais criminelle, ce qui était un gros point de vigilance pour les élus qui craignaient que ces activités s’inscrivent dans des réseaux de recel. Malgré les nuisances : pollution des sols, pollution visuelle, occupation des places de parkings, etc. les habitants considèrent ces pratiques comme une ressource qui répond à une demande sociale de réparation de véhicule à moindre coût et permet d’augmenter le reste à vivre des personnes. Cette mécanique de rue réunit de grandes compétences et savoir-faire et propose une offre alternative, de proximité et complémentaire aux garages classiques comme le pointent certains garagistes eux-mêmes.

Les compétences de ces mécaniciens sont valorisables et formalisables. Cette formalisation permettrait d’éliminer les nuisances liées à ces activités et de sécuriser les parcours des mécaniciens. Les mécaniciens et les acteurs locaux sont plutôt favorables à cette formalisation qui pourrait prendre plusieurs formes. Les préconisations qui ressortent de la recherche-action, et qui ont été travaillées avec une cinquantaine de mécaniciens de rue évoquent plusieurs points : - un nécessaire travail sur les acquis de l'expérience et sur l'assainissement des situations administratives de certains - un souhait de maîtriser l’outil de travail : idée d’un garage solidaire sous forme coopérative ou de micro ateliers coopératifs, eux-mêmes réunis sous forme coopérative - un axe formation - un axe IAE - un axe self-garage- un axe écomobilité -  un axe autopartage - un axe de conseils en mobilité.

Coralie Moigneau, chargée de mission ESS à la ville de Stains : l'étude menée par Abou Ndiaye a permis de déconstruire les préjugés, la mécanique de rue n’est pas seulement un problème pour le cadre de vie et l’environnement c’est aussi une solution pour les habitants. Stains réfléchit actuellement à développer une plateforme de mobilité multiservices, avec une offre de réparation clinique mais aussi des solutions de mobilité moins impactantes pour l'environnement, des conseils et orientations en matière de mobilité, etc. avec un axe inclusion des mécaniciens de rue qui le souhaitent. 

Ressources

 

Webinaire ESS & ruralités : Les relations contractuelles entre collectivités et acteurs - février 2021

Dans le cadre du cycle de webinaire ESS & ruralités du projet TRESSONS, le RTES organisait en partenariat avec l'Avise un webinaire sur les relations contractuelles entre les collectivités et les acteurs de l'ESS le 18 février 2021. 

 

Subventions, délégations de services publics, marchés publics,...les modalités de partenariat et de contractualisation entre collectivités et acteurs sont diverses mais ne sont pas équivalentes. Elles s'inscrivent dans un environnement complexe. Quels sont les avantages et les contraintes de la subvention ? À quelles conditions une subvention est-elle compatible avec la règlementation européenne ? Le recours à un marché public apporte t-il plus de garantie juridique ?

Après un 1er éclairage sur les différentes formes possibles de contractualisation, des retours d'expériences d'acteurs et de collectivité ont illustrés la façon dont collectivité et acteurs peuvent co-construire des réponses adaptées aux besoins du territoire, en mobilisant des outils juridiques existants, et en s'appuyant sur les ressources du territoire. 

Avec les interventions de :

  • Patricia Andriot, élue communauté de communes d’Auberive Vingeanne Montsaugeonnais et vice-présidente du RTES

  • Quentin Dupetit, chargé de mission à la FNCUMA

  • Eric Rossi, délégué de Familles Rurales

Retrouvez le diaporama de ce webinaire.

Retrouvez le programme du cycle de webinaires ESS & ruralités de l'Avise et du RTES.

Type de ressource
Ressources RTES
Ressource privée
Non
Résumé

Dans le cadre du cycle de webinaire ESS & ruralités du projet TRESSONS, le RTES organisait en partenariat avec l'Avise un webinaire sur les relations contractuelles entre les collectivités et les acteurs de l'ESS le 18 février 2021. 

 

Subventions, délégations de services publics, marchés publics,...les modalités de partenariat et de contractualisation entre collectivités et acteurs sont diverses mais ne sont pas équivalentes. Elles s'inscrivent dans un environnement complexe. Quels sont les avantages et les contraintes de la subvention ? À quelles conditions une subvention est-elle compatible avec la règlementation européenne ? Le recours à un marché public apporte t-il plus de garantie juridique ?

Après un 1er éclairage sur les différentes formes possibles de contractualisation, des retours d'expériences d'acteurs et de collectivité ont illustrés la façon dont collectivité et acteurs peuvent co-construire des réponses adaptées aux besoins du territoire, en mobilisant des outils juridiques existants, et en s'appuyant sur les ressources du territoire.

Avec les interventions de :

  • Patricia Andriot, élue communauté de communes d’Auberive Vingeanne Montsaugeonnais et vice-présidente du RTES

  • Quentin Dupetit, chargé de mission à la FNCUMA

  • Eric Rossi, délégué de Familles Rurales

 

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