Réseau des collectivités Territoriales pour une Économie Solidaire

cisca
Le 26 mai 2020

Clermont Auvergne Métropole et la résilience territoriale

À l'occasion d'une interview à Tikographie, Marion Canalès, conseillère communautaire Clermont Auvergne Métropole et adjointe au maire de Clermont-Ferrand déléguée à l'ESS a détaillé sa vision de la résilience territoriale.  

Dans cette interview Marion Canalès avance quelques points méthodologiques pour la mise en place de politiques de résilience territoriale, indiquant que "la résilience, c’est une politique globale. D’abord, être lucide sur un constat local. Puis, mettre en place les outils pour anticiper, affronter et dépasser. “Résilier”, c’est accepter de devoir changer, et de le faire en co-construction. Il faut [donc] résister au retour en arrière dans les anciens systèmes.[...] chacun doit déconstruire ses modèles, ses systèmes, ses méthodes, et les faire différemment."

Le développement local de l'ESS favorise la résilience territoriale: "quand on développe le Territoire Commerce Equitable, ou la ferme urbaine … quand on collabore à la SCIC Combrailles Durables, ou encore la Coop des Dômes … on participe de la résilience". 

Le CISCA, impulsé par Clermont Auvergne Métropole et qui vise à rassembler le milieu économique, de la recherche et les acteurs publics autour de la mesure d'impact social et de la recherche en innovation sociale, a déjà réuni à plusieurs reprises des acteurs variés du territoire pour réfléchir ensemble aux enjeux de la résilience. Son équipe élabore actuellement des éléments pragmatiques et opérationnels pour accompagner les collectivités autour de cette notion de résilience à l'échelle des territoires, en proposant de l'aborder à travers une « stratégie 3R » : Repérer, Relier et Résister (plus d'informations sur resiliencecommune.fr).

Pour son directeur Nicolas Duracka, l'échelon territorial constitue une échelle pertinente pour mettre en place une politique de résilience comme il l'explique dans une autre interview à Tikographie. Selon lui "75% de nos capacités d’action se font à l’échelle locale. D’un point de vue technique, on sait rendre résilient un territoire. Pour être plus précis, nous savons qu’une communauté trop restreinte n’est résiliente que sur un temps limité (quelques mois) car, au-delà, elle a besoin de ressources extérieures. Mais nous savons aussi qu’une échelle plus vaste rend le système de résilience trop complexe et potentiellement vulnérable car nous ne savons pas appréhender la complexité ainsi. Dès lors, la bonne échelle est celle d’un bassin de vie, idéalement un spectre territorial découpant une métropole comme Clermont en espace liant le centre de l’agglomération, la périphérie et la ruralité. C’est ça la bonne échelle !".