Réseau des collectivités Territoriales pour une Économie Sociale et Solidaire

Kit MunicipalESS | Fiche 22 : ESS & jeunesse, sports et éducation populaire

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Accompagner les initiatives des jeunes, favoriser leur insertion socioprofessionnelle, encourager le développement de pratiques sportives, autant d’objectifs possibles des politiques communales ou intercommunales pouvant mobiliser et s’appuyer sur les acteurs ESS. L’économie sociale et solidaire est un partenaire important des politiques jeunesse et sports des collectivités : par son poids d’abord dans ces domaines (l’ESS représente par exemple 57% des emplois du secteur sportif), par ses activités (éducation populaire, insertion, soutien à l’entrepreneuriat,...), mais aussi parce que ses statuts et outils juridiques apportent des réponses appropriées : souplesse de l’association pour monter un projet, pertinence de la SCIC ou des groupements d’employeurs dans le domaine sportif,...

Plusieurs leviers d’actions possibles : 

Favoriser la mobilisation et l’accompagnement des jeunes et de leurs projets

La capacité d’un territoire à faire une place à sa jeunesse, à attirer et à retenir les jeunes, à valoriser leur engagement, sont des enjeux importants pour nombre de territoires. Cela implique une écoute, des possibilités d’accompagnement de leurs projets, des espaces de dialogue et de concertation,... autant de dimensions auxquelles répondent de nombreux acteurs de l’ESS. De nombreuses collectivités financent par exemple tout ou partie d’un permis de conduire, d’un BAFA ou d’une formation liée à l’autonomie pour des jeunes effectuant du bénévolat associatif.

A Dunkerque, un AAP pour croiser éducation populaire, pouvoir d'agir et transition écologique

La Communauté urbaine de Dunkerque est engagée pour le développement de l’éducation populaire sur son territoire. Avec un pôle Démocratie locale et éducation populaire, la collectivité diffuse un appel à projets annuel Actions Éducatives pour la Transformation Écologique et Solidaire du Dunkerquois qui croise éducation populaire, pouvoir d'agir des habitant·e·s et transition écologique. Il vise à soutenir des projets qui partagent la connaissance auprès du public familial ou scolaire mais aussi des projets qui engagent à l’éco-exemplarité et ayant une forte dimension de coopération entre structures de l’ESS.

 

L’engagement de la Ville de Lille en matière d’éducation à l’ESS formalisé

Dans sa stratégie ESS 2021-2026, la Ville de Lille s’engage à “faciliter l’apprentissage des valeurs coopératives et l’engagement dans l’économie solidaire dès le plus jeune âge” à travers notamment “l’organisation de la Semaine de l’ESS à l’École dans un maximum d’établissements scolaires élémentaires autour d’une programmation concertée avec les acteurs locaux de la sensibilisation à l’ESS.”

 

L’ESPER est une association regroupant 41 organisations (associations, mutuelles, coopératives et syndicats) à la croisée des champs de l’éducation et de l’ESS. L'ESPER est un partenaire important pour les collectivités souhaitant notamment favoriser l’éducation à et par l’ESS des jeunes au sein des établissements scolaires. Elle dispose de nombreuses ressources pédagogiques, et a un accord-cadre avec le Ministère de l’Education Nationale, qui se décline dans les régions.

 

Un contrat de réussite pour les jeunes à Nanterre  

Le soutien à l’engagement des jeunes est un axe important de la politique publique autour de la jeunesse de Nanterre, intitulée“ aider les jeunes à s’épanouir et à trouver leur place dans la société”. Exemple de cette politique, le Contrat Nanterrien de Réussite (CNR), engagement signé entre la ville de Nanterre et un jeune, porteur d’un projet individuel ou collectif. En contrepartie de l’engagement de la ville de Nanterre à accompagner jeune de 16 à 29 ans,  jusqu’à la mise en œuvre de son projet en l’aidant dans ses démarches, dans sa recherche de financements et en lui attribuant une aide financière lorsque cela est nécessaire, le bénéficiaire s’engage à réaliser une action citoyenne en direction des habitants de Nanterre ou à y participer. Nanterre a par ailleurs mis en place un Conseil municipal des jeunes, composé de 24 collégiens élus pour 2 ans.

 

Sensibiliser la jeunesse à la coopération et à l’entrepreneuriat collectif

Les collectivités peuvent aider à la sensibilisation aux valeurs coopératives dès le plus jeune âge, par exemple en participant à l’organisation de la Semaine de l’ESS à l’École au sein d’établissements scolaires élémentaires autour d’une programmation concertée avec les acteurs locaux de la sensibilisation à l’ESS. Elles peuvent faire connaître et aider à la création  de juniors associations ou de Coopératives Jeunesse de service, inciter les projets transversaux entre les services jeunesse et ESS d’une collectivité,… Les collectivités peuvent accompagner ces projets, mobiliser les conseils municipaux des jeunes, encourager la mobilisation des acteurs de l’ESS pour l’accueil des stages de découverte de 3ème ou de 2nde.

L’association SupporTerre à Nantes (44), au croisement du sport et du développement durable

Cette association développe plusieurs actions : accompagnement pour la mise en place d’écoévènements sportifs ; formation « zéro phyto » sur les terrains de sport auprès d’agents municipaux ; intégration des publics exilés par la pratique sportive,… Depuis 2019, elle a ouvert une recyclerie du sport à Nantes, qui permet de collecter et valoriser les articles sportifs inutilisés afin de leur donner une seconde vie en les vendant à des prix accessibles ou en les mettant à disposition dans un rayon gratuit. L’objectif est à la fois de faciliter l’accès à la pratique sportive et de permettre une économie circulaire en réduisant les déchets dans le sport. Incubée au sein de l’écosystème de soutien à l’ESS aux Ecossolies, SupporTerre est soutenue financièrement par le service des sports de la Ville de Nantes, et les services déchets et ESS de Nantes Métropole.

Favoriser les liens entre sport et ESS 

Le rôle du sport en matière d’insertion sociale et professionnelle des jeunes est de mieux en mieux reconnu, et peut être accompagné par les collectivités. Elles ont un rôle important en matière d’équipements sportifs accessibles à tous, de soutien aux clubs amateurs, et peuvent aider à construire des passerelles entre le social, l’insertion et le sport. Des clauses sociales et environnementales peuvent être intégrées pour la construction d’équipements sportifs ou l’achat de fournitures. Par ailleurs, les enjeux sont nombreux autour du recyclage des articles de sport (avec une filière REP pour le sport dans la loi sur l’économie circulaire) et de l’organisation de manifestations sportives écoresponsables.

L’ESS, des formes juridiques adaptées aux secteurs jeunesse et sports

Une majorité des structures qui composent les secteurs de la jeunesse et du sport sont traditionnellement sous forme associative. Au delà de la forme associative, dont il est essentiel de respecter les spécificités (engagement bénévole, non lucrativité, gouvernance démocratique) et de sécuriser les financements (via des contrats pluri-annuels d’objectifs notamment), d’autres structurations juridiques de l’ESS peuvent être adaptées aux spécificités des secteurs jeunesse et sports.

Les Groupements d’employeurs (GE), qui permettent à des structures de mutualiser des emplois et qui assurent une certaine sécurité aux salariés, sont particulièrement adaptés aux métiers d’animateurs jeunesse et sportifs par exemple. Les collectivités locales peuvent soutenir les GE via des subventions pour la coordination et des aides à l’emploi par exemple, mais aussi adhérer à un GE et donc utiliser ses services.

La structuration en Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) peut être un outil pertinent pour accompagner l’évolution des modèles socio-économiques de projets collectifs dans le domaine du sport ou de la jeunesse. Elle offre la possibilité d’une gouvernance partagée entre des acteurs différents (public/supporters/entreprise commerciale/usagers/salarié.e.s et professionnel.le.s de l’encadrement/collectivités…) au service d’un projet sportif commun.

La coopérative du Football Club Sochaux-Montbéliard (FCSM)

Le centre de formation du FCSM ainsi que les sections féminines du Club sont aujourd’hui gérées par une SCIC. Outre les supporters et des partenaires locaux engagés, de nombreuses collectivités ont permis la création de la SCIC, en apportant près de 5 millions d’euros : les villes de Sochaux et de Montbéliard,  cinq EPCI, deux départements et le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. 

Ressources pour aller plus loin :

Toutes les fiches du kit sont à retrouver dans notre article dédié en cliquant ici