Réseau des collectivités Territoriales pour une Économie Sociale et Solidaire

“Il ne s’agit pas seulement de création d’activités avec l’économie sociale, mais de transformation de nos villes vers plus de durabilité” - David Bote, maire de Mataró
Publié le 18 février 2026 - mis à jour le 19 février 2026

“Il ne s’agit pas seulement de création d’activités avec l’économie sociale, mais de transformation de nos villes vers plus de durabilité” - David Bote, maire de Mataró

La Ville de Mataró a été choisie pour être capitale espagnole de l’économie sociale et solidaire (ESS) en 2026. Une délégation de 20 élu.es et agent.es de collectivités locales membres du RTES a pu participer au temps de lancement le 9 février, dans le cadre du projet Erasmus+ du RTES “Collectivités et ESS, ensemble pour répondre aux enjeux des transitions justes”. Nous vous proposons de retrouver l’intervention du Maire de Mataró à cette occasion.

Mataro est une commune de 130 000 habitants de la province de Barcelone, en Catalogne. Le mouvement coopératif occupe une place particulièrement importante  en Catalogne depuis la fin du XIXe siècle.  Sergio Moralès, adjoint en charge de l’ESS, souligne que “Mataró a su maintenir cet héritage en investissant dans le développement de l'économie sociale, avec un tissu d'entreprises fort et dynamique et des entités de référence, comme la Fondation El Maresme (fondation qui promeut et favorise l'intégration sociale et l'amélioration de la qualité de vie des personnes en situation de handicap)”. “Elles font de Mataró un référent dans le cadre d'une économie qui veut mettre les personnes au centre, avec une gestion démocratique et qui prend en compte l'impact social et environnemental de ce qu'elle fait”.

“Il ne s’agit pas seulement de création d’activités avec l’économie sociale, mais de transformation de nos villes vers plus de durabilité” - David Bote, maire de Mataró

Selon vous, comment l’économie sociale peut-elle transformer l’économie locale ? 

Je crois qu'il est impossible de comprendre l’économie sociale sans sa dimension territoriale, sans son ancrage territorial. A chaque fois qu’une coopérative ou structure de l’économie sociale prend une décision, elle transforme son environnement, du quartier à l’échelle nationale, en investissant dans certains secteurs stratégiques qui forment l'intérêt commun, le bien commun et qui améliorent la qualité de vie des personnes : développement durable, soins, culture, secteur associatif… Cela génère aussi une certaine valeur qui reste ancrée de manière très locale. 

Nous avons beaucoup de structures d’économie sociale dans le domaine de la consommation, du développement durable, de la culture, du secteur audiovisuel, du secteur de la santé. Tous les jours, elles aident à transformer notre ville. Il ne s’agit pas seulement d’activités qui génèrent une activité économique, mais elles transforment par exemple la mobilité vers plus de durabilité. 

Le politique a cette possibilité de mettre le projecteur sur, de donner de la visibilité à ce qui est réellement important.  Il y a aussi un enjeu à faire comprendre à la jeunesse notamment, que chaque fois que nous travaillons d'une manière sociale avec cet ancrage territorial, l’ensemble de la communauté devient plus forte et a plus de capacité pour affronter ses défis présents et futurs.

Quelles alliances jugez-vous essentielles entre le gouvernement, le secteur privé et la communauté pour que l'économie sociale et solidaire ait un impact durable et stable ?

Il y a quelques années, nous avons mené une vaste réflexion, impliquant un millier de personnes, afin de définir la stratégie de Mataró pour l'avenir, un projet en adéquation avec les enjeux urbains et les Objectifs de développement durable. Nous avons identifié plusieurs axes stratégiques sur lesquels nous espérons que la communauté et le tissu socio-économique se mobilisent. Parmi ces axes figurent : une ville plus inclusive, une ville favorisant la santé, une ville plus durable et plus verte – pour ne citer que les éléments qui auront probablement le plus d’impact sur l'économie sociale et solidaire.

Par conséquent, nous devons nous unir citoyens, tissu économique et social et administration. Nous agissons localement, mais nous pensons globalement. Nous devons le faire dans un langage partagé par tous. C’est pourquoi cette attention portée à l’agenda urbain et au développement durable au sein des collectivités locales est si importante. 

Il s’agit également de collaboration institutionnelle ; par exemple, grâce au Conseil provincial de Barcelone, nous bénéficions de ressources supplémentaires, nous bénéficions aussi du soutien du gouvernement catalan et du ministère espagnol. Cette alliance vise à accroître notre influence institutionnelle et à tisser des liens entre les municipalités.

Je tiens enfin à souligner l'importance du dialogue entre les municipalités sur l'économie sociale, qui, comme vous le savez, contribue à exporter et à partager les meilleures pratiques.